Monday, October 25, 2010

Scève II

En analysant la poésie, il peut être utile de faire une paraphrase du poème en utilisant la langue de tous les jours en éliminant les figures compliquées et les inversions stylistiques. Voici une paraphrase un peu libre du premier dizain:
Pendant ma jeunesse mon œil très vif, imprudent et insouciant, regardait à droite et à gauche d’un regard très vif. Ô peur remplie de terreurs agréables, voilà que mon ‘basilique’ est venue pénétrer dans mon âme, perçant mon corps, mon cœur et ma raison prise au dépourvu.
Grand fut le coup qui, sans lame tranchante, fait que, le corps toujours vivant, l’esprit le quitte, pitoyable victime en ta présence, Dame, toi qui es constituée idole de ma vie.

Il peut être utile aussi de dégager les thèmes du poème. Parmi les thèmes ici:
a. la chasse amoureuse, ou la ‘victime’ est traquée comme une bête;
b. la blessure amoureuse, très souvent assimilée à un dard qui part des yeux et pénètre le cœur;
c. l’amour assimilé une souffrance, souvent exprimé comme un paradoxe ;
d. la séparation de l’âme du corps, concept à la fois chrétien et platonicien (ou *néoplatonicien). Ici, cette séparation n’implique pas la mort mais la saisie de son âme par sa dame.

Il faut également analyser les figures utilisées. Ici, c’est surtout l’oxymoron (ou le paradoxe) du v. 3. En qualifiant son amie de ‘basilique’, le poète a recours à une figure ou un trope de substitution. Ici, ce serait peut-être l’antonomase (la bête qui tue par le regard).

Finalement, on peut remarquer la tendance à l’allégorisation, ou la personne est atomisée, divisée en éléments constitutifs (le corps, l’esprit, etc.).

La poésie de Scève est fortement imprégnée du néo-platonisme chrétien, où la philosophie de Platon est revue dans une perspective chrétienne.

Wednesday, October 20, 2010

Scève

Au lien ci-dessous, vous pouvez accéder à une édition de la Délie de Scève, ce qui vous donnera une meilleure idée de son organisation que les feuilles que je vous ai données. Vous verrez que le recueil se compose de 449 dizains organisés autour d’une série d’emblèmes. L’emblème donne le thème du premier des 9 emblèmes qui le suivent (sauf au début et à la fin). Voici le site. Vous pouvez voir les images en fac-similé ou bien une transcription du texte.

http://www.emblems.arts.gla.ac.uk/french/contents.php?id=FSCa

Thursday, October 7, 2010

Voici un courriel d'Ibrahima:

Bonsoir Professeur !
J'ai essayé de poster un meesage sur le rire chez rabelais sur le lien que vous m'avez envoyé l'autre jour mais je ne réussis pas.
Voici mes modestes idées:

Le rire rabelaisien !
En lisant Pantagruel et Gargantua, on ne peut s’empêcher de rire à gorge déployée, tant le rire fait légion dans chaque page. Il revêt plusieurs facettes, il est à la fois sérieux, ironique, vulgaire et même noire. Mais la question qui mériterait bien d’être posée est de savoir ce qui peut bien se cacher derrière toutes ces qualifications afférentes à ce rire rabelaisien, qu’est ce qui en constitue l’aspect caractérisant ? Une lecture au premier degré, sans doute aucune, inciterait certains lecteurs à penser que le texte rabelaisien n’est que divertissement et distraction, mais pour les sages lecteurs se donnant la peine de ‘‘casser l’os pour sucer la moelle’’, s’y dégage tout une vérité à haute portée philosophique. Rabelais, de par son style, a su dépasser les auteurs de son temps. Son génie réside dans le rire et l’ouverture d’esprit, ce qui fait de lui un auteur particulier.

Ibrahima Thiaw